mercredi 2 juin 2010

Le tourisme tunisien à la recherche d’un nouveau business model


  • Quand ils pensent à l’avenir du tourisme dans leur pays,

    les Tunisiens sont tiraillés entre des sentiments et impressions

    contradictoires, comme l’a illustré M. Sami Zaoui, président

    de l’ATUGE (Association des Tunisiens des Grandes Ecoles),

    en ouverture du déjeuner-débat avec M. Slim Tlatli, ministre

    du Tourisme, sur «le tourisme à l’heure du marketing»,

    organisé mardi 25 mai 2010.









    D’un côté, les Tunisiens ont encore envie de croire

    «qu’il suffit de peu pour que la Tunisie revienne

    dans la course». De l’autre, ils ont des craintes

    «par rapport à un secteur où la Tunisie, après avoir

    été très longtemps première, montre depuis quelques

    années des signes d’essoufflement». Un constat que

    les faits confirment. «Même si le classement Davos 2009

    sur le tourisme place la Tunisie au 44ème rang mondial

    sur un total de 133 pays, ce secteur présente des défaillances

    certaines : une offre trop classique axée sur le balnéaire

    qui a perdu son attractivité, une qualité instable et très

    insuffisante par rapport aux exigences de plus en plus

    fortes des clients, et une commercialisation toujours basée sur

    les Tours Opérateurs et qui n’a pas suivi l’évolution des

    comportements des consommateurs (séjours plus courts,

    last minute, meilleurs prix, comparateurs internet)»,

    souligne une note de l’ATUGE.

    M. Slim Tlatli ne partage pas l’affirmation selon laquelle le

    tourisme balnéaire appartient au passé. «L’essentiel de la

    demande porte toujours sur le tourisme balnéaire et l’erreur

    à éviter serait de vouloir ne faire que du tourisme de luxe»,

    averti le ministre du Tourisme.


    Certes, le tourisme va devoir changer parce que tout –le touriste
  • qui ne choisit plus, ne réserve plus et ne consomme plus de
  • la même manière ; la concurrence, les circuits de distribution,
  • etc.- a changé, concède le premier responsable du tourisme
  • tunisien. Ce secteur doit de ce fait adopter d’autres méthodes
  • de promotion et de commercialisation –M. Tlatli veut
  • le rendre «web compatible»-, et améliorer la qualité
  • de ses prestations –notamment par l’adoption d’une charte
  • de la qualité. A cet effet, le ministre, conscient de l’importance
  • de plus en plus grande que prend le partage des expériences
  • entre touristes sur internet, a mis en place une équipe au
  • sein de son département «pour suivre le contenu de Tripadvisor
  • (le site de partage d’expériences, ndlr) et répercuter les
  • commentaires auprès des hôteliers».

    Le développement de nouveaux produits –l’évènementiel,

    le tourisme culturel, religieux, environnemental, le tourisme

    de luxe, etc.– est un autre axe important. Toutefois, si la

    diversification est nécessaire et «les niches importantes»,

    eur importance, souligne le ministre du Tourisme, ne se situe

    pas forcément au niveau des rentrées mais de l’image. Ce qui

    n’empêche pas M. Tlatli de réfléchir sur les moyens de développer

    ces segments. Ainsi, pour le tourisme culturel, le ministre du

    Tourisme envisage déjà de conclure des conventions avec ses

    collègues de la Culture et de l’Environnement pour mener trois

    actions pilotes pour lancer des produits originaux : circuit des

    îles, des eaux, etc.

    Les opérationnels auront-ils la volonté et le courage de suivre

    le nouveau ministre du Tourisme sur cette voie ?

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